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Crise des abattoirs, comment soutenir l’élevage ?

Le débat sur la condition animale trouve sa place dans l’opinion publique et les actes de maltraitance dans les abattoirs du Gard alimentent notre réflexion sur la place de l’animal dans nos sociétés, sa dimension philosophique interpelle notre consommation et les enjeux autour de l’avenir des filières "viande’". Dès lors, comment défendre la profession d’éleveur et ses vertus d’aménageur du territoire et de paysagiste du XXIème siècle ?

Replacer l’animal dans nos éco-sytèmes et l’économie paysanne

Tribune de William ÉLIE , administrateur des AmiEs de la Conf’

- Retrouvez cette contribution au débat dans la lettre d’information de l’association.

Au sommaire : Assemblée générale de l’association en Saône-et-Loire 11/12 juin 2016, manifeste des Ami.e.s de la Conf’, des terres agricoles convoitées au Triangle de Gonesse (Île-de-France) et des nouvelles de Savoie et des vaches "Tarentaise"...
- Lire la lettre

Soutenir l’élevage et les outils d’abattage et de transformation, c’est vital pour nos territoires !

Les actes de maltraitance intolérables et relevés dans les abattoirs d’Alès et du Vigan (30) commis par des personnels de ces équipements interpellent notre consommation de viande et l’avenir de l’élevage dans une période où la consommation de produits carnés recule et la conscience du bien-être animal avance.

Reconsidérer la place de l’animal et l’élevage dans nos sociétés, c’est également interroger l’activité économique et évaluer les nouvelles pratiques agricoles dans une phase de transition écologique et sociale.

L’actualité des dérèglements climatiques nous a conforté dans l’idée de « consommer moins et mieux de la viande » dont on assure de la traçabilité, malheureusement l’agro-industrie freine la transparence des filières animales aux portes de l’abattoir, particulièrement dans la transformation. Pourtant, les prairies naturelles largement utilisées par l’élevage traditionnel en tant que réponse au captage et stockage de carbone, apportent de réelles solutions, de même les fumiers et autres lisiers sont essentiels à l’amendement et la fertilisation des sols.

Le pâturage et le « système herbager économe » sont souvent les seules réponses au maintien d’activités rurales pour des zones soumises à la désertification locale et aux contraintes géomorphologiques.

La diversification des productions, la polyculture-élevage sont les clefs de voûte de notre avenir agricole associé aux vertus de la souveraineté alimentaire qui encourage l’élevage extensif sur nos territoires. Revendiquer la place de l’élevage et sa contribution à la biodiversité, c’est combattre la spécialisation et l’industrialisation de notre agriculture ; c’est aussi répondre à l’autonomie des paysans et offrir une meilleure qualité alimentaire au plus près des bassins de consommation.

Replacer l’animal dans nos éco-sytèmes et l’économie paysanne

Dans un monde aux ressources limitées, il nous convient de changer les manières d’envisager notre rapport à la nature et reconsidérer le progrès tout en préservant notre tradition culinaire et l’emploi en milieu rural. Aujourd’hui, la consom’action nous responsabilise au moment de l’acte d’achat, l’éthique gagne du terrain au contact des paysans engagés dans des pratiques vertueuses qui pourtant subissent des contrôles et des normes qui menacent directement leur activité.

Nous voulons des contrôles citoyens pour mieux appréhender notre destin sanitaire et alimentaire et faire reculer les normes aux mains des lobbies agro-industriels et non adaptés au petits élevages qui approvisionnent les circuits courts alimentaires.

Soutenir l’élevage et le pastoralisme, c’est entretenir notre paysage patrimonial, maintenir et restaurer des milieux ouverts (contre l’invasion par les ligneux) tout en respectant la condition animale et paysanne qui intègre la dignité du sacrifice de l’animal et un prix de vente « juste ».

La journée internationale des luttes paysannes le dimanche 17 avril s’inscrit dans une démarche de soutien aux alternatives agronomiques dont bon nombre se réclament du recours à l’amendement organique issu de l’élevage qui fournit des revenus et des protéines essentiels à la vie de nos territoires. L’action de l’éleveur est d’intérêt général et deviendra incontournable dans l’aménagement futur des territoires y compris pour les animaux ! La (bio)diversité des races animales, des espèces végétales et la coopération autour des équipements de proximité sont interdépendants dans la relocalisation de notre économie.


Publié le mardi 22 mars 2016

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Conception Isabelle SUZANNE & Thierry CARRE
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