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Crise agricole, stop ou encore ?

Des remèdes pour sortir du marasme les filières d’élevage

Le système agricole imposé aux paysans fait de plus de plus en plus de victimes, pourtant des solutions de régulation économique et de prix rémunérateurs existent aux côtés des citoyens-consommateurs...

En finir avec la crise agroalimentaire, changer de cap durablement !

Les événements tragiques qui marquent le monde agricole doivent engager la profession et les citoyens dans une transition écologique et sociale. Les Ami.e.s de la Conf’ y contribueront en proposant des alternatives aux exigences libérales et à la fatalité ambiante.

Rappel des événements et du contexte socio-économique :

En cet hiver 2016, le triste spectacle de la détresse paysanne n’a rien de conjoncturel. Cet été, les actions du monde agricole se sont multipliées dans toute la France pour dénoncer des prix trop bas, qui découlent de l’embargo russe, de la fin des quotas laitiers européens et du dumping social. Les plans dits « d’urgence » se succèdent inlassablement, les plans de "sabordage" de l’emploi de l’agriculture nationale poursuivent leur marche funèbre. En effet, la crise agricole se lie organiquement à une crise industrielle qui repose sur une domination économique et politique de l’industrie agroalimentaire et du secteur de la distribution. La politique de concentration capitalistique de l’agriculture européenne se poursuit de crises en crises démontrant que les agriculteurs font vivre à leurs dépens tout un système économique (semences, engrais, produits phytosanitaires, matériels et machinismes, banques, services...) dans une course à l’investissement et son corollaire le surendettement.

La crise du "surproductivisme" alimentaire se situe dans un environnement politique où la loi du marché peut casser les prix agricoles à la production dès que l’offre dépasse la demande ; cela rend incontournable une régulation de la production et de stockage des excédents de poudre de lait et de viande porcine et doit permettre le rétablissement de barrières douanières. Dans cette fuite en avant, les solutions de "pression médiatique" sur la grande distribution, la réduction des cotisations sociales payées par les paysans sont formulées sans même que l’on évoque l’impérieuse nécessité de "fixer un prix plancher" qui permette aux producteurs de vivre de leur travail. La réelle détresse et la crise morale s’enlisent : tous les deux jours, un agriculteur se suicide en France dans un contexte de disparition accéléré du nombre d’agriculteurs et d’emplois salariés et par effet de cascade dans nos industries.

Comment offrir des emplois et des revenus décents aux salariés du monde agricole ? Comment produire une alimentation de qualité nutritive et gustative partout dans le monde ? Comment œuvrer à la transition écologique de l’agriculture en érigeant des normes d’importations drastiques pour éviter le dumping fiscal ?

Régulation de la production, localisation de la distribution, normes drastiques au niveau des importations notamment pour empêcher le dumping social et fiscal sont des alternatives crédibles.

Des consommateurs aux côtés des acteurs de comportements vertueux

Les agriculteurs vivent une situation difficile en raison des cours actuels de la viande de porc et de bœuf, inférieurs aux coûts de production. Pour autant, le malaise actuel devrait permettre de reconnecter l’acte de consommation avec les conditions de production par une éducation alimentaire et une volonté politique affichée. Parmi les enjeux essentiels, il revient à contrôler les relations entre les producteurs et les entreprises de transformation (dont les abattoirs), entre les producteurs et la grande distribution (et en particulier les centrales d’achat), à établir plus de transparence sur la formation des prix et proscrire toute vente à perte. Cela nécessite des outils de régulation mettant en préalable une juste rémunération des producteurs, la réappropriation sociale et collective des moyens de production garantissant le développement de l’emploi et des filières. C’est aussi généraliser l’échelle territoriale les circuits courts, la vente directe, l’agriculture biologique, la transformation à la ferme (inclus signes de qualité A.O.P) ... Ce sont autant de voies au retour plus important à l’emploi paysan par une réorientation de la Politique Agricole Commune. On pourrait imaginer de véritables coopératives de producteurs à l’échelle d’un bassin de vie, l’objectif premier étant la "souveraineté alimentaire" appuyé d’un contrôle public très fort (incluant les consom’acteurs). Favoriser l’installation des jeunes sur un concept de bail long, d’appropriation collective ou publique des terres et avec des marchés contractuels bassin de vie-paysans. La revitalisation des sols et une meilleure connaissance des pratiques agronomiques (de type agroécologique) doivent être encouragées. 

Sortir du marasme les filières d’élevage et changer de logiciel

Dans cette actualité, changer de modèle productif et sortir de la spécialisation s’imposent pour mettre un terme au couple surproduction - hémorragie de l’emploi dans une perspective d’aménagement de territoire. La dynamisation des territoires doit prendre le pas sur la compétitivité à tout prix et son corollaire, l’exportation.

Pourtant, la référence du syndicat cogérant la politique agricole nationale (la FNSEA) demeure orientée vers l’ Espagne, l’Allemagne et les pays du Nord de l’Europe et leurs modèles agro-industriels dans la course à la compétitivité. Celui-ci ne pourra pas cautionner durablement auprès de l’opinion publique la faillite d’un développement à l’agonie et un système d’élevage concentrationnaire, gourmand en béton, coûteux en transports d’aliments sur de longues distances sans oublier le difficile recyclage des effluents d’élevage. De même, les concessions que l’Europe est prête à faire en faveur des États-Unis (négociation du traité transatlantique de libre échange TAFTA ou de TTIP ) sous forme d’importations accrues de viande bovine, de viande porcine et de volaille sans droits de douanes sont inacceptables.  L’accès à une alimentation saine et diverse est un élément essentiel de la santé publique au titre de bien commun qui nécessite une maîtrise publique de son agriculture et de son alimentation pour répondre aux besoins alimentaires en quantité et en qualité. Cette exigence passe par des prix rémunérateurs et une politique de gestion des marchés au sein de l’Union Européenne, pour une meilleure commercialisation sur le marché local, au plus près des citoyens-consommateurs.

Cela nécessite que la majorité des citoyens s’emparent de la question agricole et alimentaire en soutenant les paysans progressistes face à leurs collègues productivistes et à l’agrobusiness.

William ÉLIE
- Bureau national Ami.e.s de la Conf’



Publié le mardi 1er mars 2016

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Conception Isabelle SUZANNE & Thierry CARRE
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